L’année 2026 a confirmé les augmentations, légères mais constantes, de l’activité des tortues luths et tortues olivâtres sur les plages de Cayenne et Rémire-Montjoly. Il ne s’agit pas de victoire, le statut mondial, notamment de la tortue luth, reste très préoccupant. Mais ces tendances montrent qu’il est possible de maintenir des sites de ponte d’importance mondiale en zones urbaines, sur des plages ouvertes au public, aux activités de loisirs, à l’économie locale.
La venue des tortues marines sur les plages est toujours l’occasion de sensibiliser à ces espèces emblématiques et aux enjeux qui les entourent : interventions auprès de plus de 150 élèves, de la maternelle au collège, évènements grand public, programme d’animations, sensibilisation sur les plages du grand public lors des pontes et émergences.
Ces sites de pontes ont la particularité d’être à proximité des zones urbanisées. Un volet majeur du programme est de travailler à maintenir cet équilibre précaire entre habitats et usages respectueux des plages, par la mise en œuvre d’actions réfléchies, concertées. L’érosion littoral est un sujet qui devient crucial, et peut décider certains à enrocher leurs terrains, avec des effets manifestes sur la perte des habitats et le dérangement des tortues. Les éclairages, publics ou privés, voiries, peuvent désorienter les tortues. Des solutions techniques existent, l’association peut être en appui à leur déploiement. Enfin, les chiens peuvent occasionner des dégâts importants sur les nids et les adultes.
Cette année, encore plus d’une centaine d’émergences retrouvées mortes d’épuisement ou sous les roues des voitures sur les routes. 6 nids détruits par des chiens, ce qui est dans la dynamique d’une amélioration constante de ce problème.
Après 3 décennies d’actions à Cayenne et Rémire-Montjoly, les tortues marines, leurs habitats, sont pleinement intégrés dans les préoccupations de chacun, dans les politiques publiques. Le maintien de l’activité de pontes sur ces plages très fréquentées en est sans doute la meilleure preuve. Et même si les équilibres restent fragiles. Cette expérience de réussite d’une responsabilité collective est assez unique, et tout à fait remarquable.